Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
Comme à l’accoutumée et à quelques jours du mois Saint, la Tunisie vit actuellement au rythme d’une grande dynamique commerciale. C’est la ruée vers les magasins et autres marchés. Reportage.
Tunis comme certainement dans les autres villes s’apprêtent à accueillir le mois de Ramadan et lorsqu’on parle de ce mois Saint, c’est la cuisine qui vient tout de suite à l’esprit. De ce fait, il y a ceux qui renouvellent la vaisselle, d’autres qui font des courses et ceux qui sont toujours fideles à la tradition et vont jusqu’à badigeonner les façades de leurs maisons, «Badigeonner les façades et entreprendre des travaux de peintures est très important pour moi afin d’accueillir le mois de Ramadan dans la sérénité et dans la pureté», nous dira, Madame Mongia, fonctionnaire et mère de famille.
Du côté des marchés et des magasins, l’ambiance est aussi ramadanesque, même si quelques jours nous séparent encore de l’avènement du mois Saint. Et lorsque vous posez la question à Madame Mongia, ce sont les courses qui sont citées en premier lieu: «Le mois de Ramadan est un mois spécial. Alors, il lui faut des courses spéciales. Je citerais le thon pour les bricks, les épices pour les plats de rupture du jeune, les fruits secs pour le thé et bien évidemment les incontournables dattes. Malheureusement, certains produits sont très chers, comme le thon d’origine tunisienne qui est commercialisé à des prix exorbitants. Personnellement, je ne peux pas acheter le thon d’origine tunisien, alors, je dois sacrifier d’autres produits». De son côté, Jamel, père de famille, nous a déclaré: «J’accompagne mon épouse pour acheter quelques ustensiles de cuisine. C’est elle qui choisit et c’est moi qui paie…Franchement, au marché de Sidi Boumendil, les prix des bols et assiettes et autres ustensiles de cuisines sont très bas. Alors, nous avons presque renouvelé toute notre vaisselle ».
Cette viande trop salée…
Soucieux de bien gérer le budget consacré au mois de Ramadan, les Tunisiens que nous avons croisés font attention pour tenir le cap durant les trente jours de jeune. En témoigne, ce que nous a indiqué, Ahlem, mère de famille. Selon notre interlocutrice: «Le prix des viandes rouges sont tellement chers qu’il est presque impossible pour le Tunisien moyen d’acheter plus de cinq cent grammes. Certains optent, alors, pour la viande de poulet et autres poissons à bas prix comme les sardines ».
En plus des ustensiles de cuisine et autres courses, d’autres Tunisiens profitent de ce mois de Ramadan pour acheter des appareils qui nécessitent un budget spécial : «Nous sommes là moi et ma femme pour acheter un poste de télévision. Soirée ramdanesque oblige, un poste plus grand.
Aussi, un four électrique et un robot de cuisine».
Au niveau officiel, le gouvernement a décidé d’élaborer un programme spécifique pour l’approvisionnement des produits de première nécessité, notamment à travers la poursuite de la constitution du stock régulateur prévu pour le mois de Ramadan 2025 et la diversification de l’offre par la mise à disposition des fonds nécessaires au groupement interprofessionnel des produits avicoles et cunicoles afin de constituer un stock régulateur de viandes et d’œufs congelés destinés à la consommation ainsi qu’un stock de pommes de terre à hauteur de 45.000 tonnes. Le gouvernement a, également, décidé de mettre en œuvre un programme de contrôle instantané et proactif à travers le renforcement du contrôle des entrepôts et des unités industrielles et artisanales et les commerçants de détail des produits alimentaires et faire face au stockage anarchique et monopolisant. Il s’agit également de veiller à faire face aux opérations d’approvisionnements en dehors des circuits légaux et des activités des intrus et de lutter contre les pratiques attentatoires et contribuer à la transparence des transactions.
M.B.S.M.