Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
Alors que Kaïs Saïed appelle à intensifier les opérations de retour volontaire des migrants, que faut-il faire pour maîtriser le fléau de l’émigration aussi bien en Tunisie que dans le monde?
Impliquer les pays d’origine devient une nécessité...
Pendant que la Tunisie peine à contrôler les flux migratoires, le président de la République, Kaïs Saïed, est monté au créneau appelant à intensifier les opérations de retour volontaire des migrants. En effet, dans un communiqué publié datant du 28 mars dernier, le chef de l’Etat a appelé à intensifier les efforts pour augmenter les «retours volontaires» des migrants en situation irrégulière. Selon le site spécialisé «Infomigrant»: «Seulement» 1 500 personnes ont été rapatriées depuis le début de l’année, rapporte la présidence de la République tunisienne. Des dizaines de milliers d’Africains subsahariens vivent actuellement dans le pays. Le président tunisien, Kaïs Saïed, a, en effet, appelé l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) à intensifier ses efforts pour assurer les «retours volontaires» des personnes subsahariennes en situation irrégulière vers leurs pays d’origine. «Seulement 1 544 migrants», en Tunisie, ont été rapatriés dans leurs pays depuis le début de l’année, a indiqué le président tunisien, dans un communiqué publié dans la nuit de mardi 25 à mercredi 26 mars.
Ce nombre «aurait pu être bien plus élevé si davantage d’efforts avaient été menés pour mettre un terme à ce phénomène inacceptable tant sur le plan humanitaire que juridique», peut-on lire dans la déclaration présidentielle. Kaïs Saïed a appelé «toutes les autres organisations» concernées par ce problème à soutenir également «davantage les efforts tunisiens visant à faciliter le retour volontaire des migrants irréguliers».
Selon certains observateurs, l’émigration dite clandestine n’est pas l’apanage de la Tunisie et il serait terrible de culpabiliser ceux et celles qui fuient la misère et la pauvreté pour conquérir un bien-être, fût-il illusoire et aléatoire. Il y aura toujours de migrants tant que les motifs de l’émigration n’auront pas disparu, insistent les plus avertis.
Hors contrôle ...
Selon les chiffres du site spécialisé «Infomigrants» : « Sur l’ensemble de l’année 2024, 7 250 migrants subsahariens vivant en Tunisie sont rentrés «volontairement» dans leur pays via l’Organisation internationale des migrations (OIM), a indiqué fin janvier le secrétaire d’État tunisien auprès du ministre des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’étranger, Mohamed Ben Ayed.
On estime que le nombre de migrants irréguliers en Tunisie se situe entre 20 000 et 25 000, selon les chiffres des ONG. Ils vivent dans des camps de fortune insalubres au milieu de champs d’oliviers autour de Sfax (centre-est), dans l’attente de tenter d’embarquer clandestinement sur un canot pour l’Europe. Que faire, de fait, pour mettre fin à ses drames?
Interrogé à ce sujet, la présidente de la Commission Éducation et Formation au sein de l’Association internationale de défense des droits de l’homme et des médias. Semia Jelassi, a indiqué : «La Tunisie tente tant bien que mal à lutter contre ce fléau tout en sauvegardant la dignité des migrants. S’agissant toutefois d’un phénomène international, notre pays ne peut pas faire face tout seul à cette question qui exige aujourd’hui une collaboration internationale. A mon avis, il faut revoir toutes les conventions signées et mettre en place une stratégie commune englobant toutes les parties y compris les pays d’origine, notamment les pays subsahariens qui doivent faire preuve de plus de responsabilité en contrôlant leurs frontières».
M.B.S.M.