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Mondial 2034 : L’Arabie saoudite promet des réformes à tous les niveaux

Le Congrès de la FIFA a validé mercredi 11 décembre l’attribution de la Coupe du monde de foot 2034 à l’Arabie saoudite. Une décision difficile à justifier et aussitôt dénoncée, comme c’est attendu, par les défenseurs des droits de l'homme.

C’est à croire que la Fédération internationale de football raffole des controverses. Ses membres ont pris aujourd’hui deux décisions : un Mondial 2030 confié au trio Espagne-Portugal-Maroc avec trois matches prévus en Amérique du sud, suivi de la désignation de l’Arabie saoudite en tant que pays-hôte quatre ans plus tard. Pas de surprise, c’était le seul candidat en lice, mais ce choix conclut un processus opaque et soulève d’innombrables questions sur l’organisation d’une Coupe du monde à 48 sélections dans un pays connu pour son bilan déplorable en matière de Droits de l’homme, ses températures estivales caniculaires, où les chantiers faramineux prévus pourraient provoquer des ravages humains et environnementaux. En résumé : le Qatar 2022 sous une autre version.

Pour justifier son choix, la Fédération internationale s’appuie notamment sur un rapport publié fin novembre. Le dossier saoudien y obtient la note de 4,2 sur 5. Le score le plus haut de l’histoire des candidatures à une Coupe du monde. Quitte à en faire beaucoup, autant y aller à fond !

Sans surprise, les défenseurs des Droits de l’Homme s’indignent même si leur crédibilité laisse à désirer car ils ouvrent ce dossier pour les uns et l’ignorent pour d’autres, selon les intérêts suprêmes des plus forts. Plusieurs organisations estiment aujourd'hui dans un texte commun que cette décision "met des vies en danger". On parle d’un pays qui restreint les libertés, musèle ses opposants, exploite les travailleurs migrants, s’attaque encore aux femmes, aux personnes LGBT, pratique la peine de mort…, le même discours qui a accompagné la désignation du Qatar pour 2022.

Une vraie culture foot en Arabie saoudite

Pourtant, le rapport de la FIFA qualifie de « moyen » le risque en matière de Droits de l’homme. Les experts estiment que l’Arabie saoudite a fait beaucoup de progrès, et a dix ans devant elle pour accélérer les réformes. Mais pour les ONG, c’est surtout l’énorme contrat de partenariat signé en avril entre la FIFA et le géant pétrolier saoudien Aramco qui explique l’indulgence des auteurs du rapport.

Ryad est accusé de s’acheter une réputation grâce au sport. On appelle ça le sportswashing, ce n’est pas nouveau. En Arabie saoudite, le sport est un pilier du projet « Vision 2030 » de l’homme fort du pays, le prince héritier Mohamed ben Salmane. MBS veut réduire la dépendance au pétrole et investir dans d’autres secteurs, dont le tourisme et le sport.

Le fonds souverain saoudien, le PIF, est partenaire des deux circuits professionnels de tennis, l’ATP pour les hommes, la WTA pour les femmes. Ryad a accueilli le Masters féminin en novembre. Rafael Nadal est l’ambassadeur de la Fédération.

Le pays accueille un Grand prix de Formule 1, des affiches de boxe et de MMA, il organisera les Jeux asiatiques d’hiver en 2029 (oui, d’hiver !), ou les Jeux olympiques d’e-sport entre 2025 et 2037.

Le football fait bien sûr partie de cette stratégie. La Ligue saoudienne a acheté moins de stars cette année, mais Cristiano Ronaldo, Benzema, Neymar évoluent encore en Arabie saoudite. Le pays accueillera la Coupe d’Asie des nations en 2027.

La Coupe du monde 2034 couronne la stratégie saoudienne. Avec un avantage sur le Qatar : il y a une vraie culture du foot en Arabie saoudite. L’ambition de son dirigeant, MBS, s’appuie, c’est vrai, sur une histoire, une tradition. L’équipe nationale a même accompli quelques exploits.

Mais un tel choix va obliger l’Arabie saoudite à se réformer en profondeur dans les dix ans à venir, à plus d’un niveau.

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