Par Hassan GHEDIRI
Une progression significative des transactions électroniques et monétiques a été constatée en 2024 confirmant une numérisation accélérée du paysage financier tunisien…
Avec 5,49 millions de cartes bancaires en circulation, 39 100 terminaux de paiement électronique (TPE) et 1 126 sites marchands actifs, les infrastructures de paiement électronique se développent à un rythme soutenu. Cependant, malgré cette croissance, les retraits en espèces (cash-out) représentent encore 77% des opérations monétiques, contre seulement 23% pour les paiements. Cette tendance souligne la nécessité de renforcer l’adoption des solutions de paiement électroniques, notamment dans un contexte de restructuration profonde des transactions monétaires entrainée par la réforme des chèques entrée en vigueur début février.
Une progression remarquable des transactions électroniques a été tout de même observée tout au long de l’année passée. L’évolution est mise en exergue par le nouveau bulletin des paiements 2024 de la Banque Centrale de Tunisie (BCT) qui vient d’être mis en ligne. Il fait ressortir une augmentation de 9,2% du nombre des opérations monétiques et de 10,6% en valeur, atteignant 27,9 milliards de dinars. Les paiements numériques, en particulier, affichent une forte croissance: les transactions e-paiement ont progressé de 13,4% en nombre et de 4,8% en valeur, tandis que les paiements de proximité ont augmenté de 15,2% en nombre et de 11,9% en valeur.
Par ailleurs, les transactions mobiles ont atteint 5,1 millions, dont 67% pour les paiements et 27% pour les transferts. Ces chiffres témoignent d’une adoption croissante des solutions numériques par un nombre de plus en plus grands des Tunisiens. Un engouement qui tend à être renforcée par le développement des infrastructures et par une adhésion grandissante des commerçants.
Recul
Si les instruments de paiement traditionnels comme les chèques, les virements et les prélèvements restent dominants, leur évolution est contrastée. Les chèques, bien qu’encore largement utilisés (53% des transactions en valeur), ont enregistré une baisse de 2,7% en nombre, malgré une hausse de 5,5% en valeur. Les virements et prélèvements, en revanche, ont connu une forte progression, notamment les prélèvements (+23,4% en nombre et +13,8% en valeur). Ces évolutions reflètent une lente mais certaine migration vers des modes de paiement plus modernes et efficaces.
L’entrée en vigueur de la nouvelle réglementation sur les chèques en février 2025 pourrait accélérer cette transition. En rendant l’utilisation des chèques plus restrictive ou complexe, cette réforme incitera probablement les entreprises et les particuliers à se tourner vers des alternatives électroniques. Les paiements par carte, les virements instantanés et les solutions mobiles devraient ainsi gagner en popularité, réduisant la dépendance aux espèces et aux chèques. Cette évolution est essentielle pour moderniser le système financier tunisien, améliorer l’inclusion financière et renforcer la sécurité des transactions.
H.G.