L'importance des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) ne cesse de croître dans le secteur bancaire.
Ces critères jouent un rôle clé pour attirer les investisseurs et renforcer la confiance des clients et des parties prenantes. En parallèle, la responsabilité sociale des entreprises (RSE) permet aux banques de mieux intégrer les enjeux de durabilité dans leurs activités. Dans ce contexte, le secteur bancaire, à l'échelle mondiale comme nationale, est un acteur majeur de la transition vers un développement plus durable.
Nouveaux enjeux
Les banques du monde entier adoptent des initiatives de finance durable, notamment via des produits comme les obligations vertes, qui financent des projets respectueux de l'environnement.
Selon la Climate Bonds Initiative, les émissions mondiales d'obligations vertes ont atteint 517,4 milliards de dollars en 2021, un record qui montre l'appétit croissant des investisseurs pour des instruments financiers qui soutiennent des projets à faible émission de carbone.
La lutte contre le changement climatique est au cœur des stratégies ESG des institutions financières. Les banques adoptent des stratégies visant à réduire leurs émissions directes et indirectes de gaz à effet de serre.
Un rapport du groupe bancaire suisse UBS révèle que 85 % des banques en Europe se sont engagées à atteindre la neutralité carbone d'ici 2050, conformément aux objectifs de l'Accord de Paris.
Perspectives et avantage
La demande croissante de transparence pousse les banques à renforcer leurs pratiques de reporting en matière d'ESG. Le cadre de reporting basé sur les normes du Global Reporting Initiative (GRI) est de plus en plus utilisé par les banques.
En 2020, près de 70% des 250 plus grandes entreprises mondiales utilisaient ces standards pour communiquer leurs performances en matière de durabilité, un chiffre en nette augmentation ces dernières années.
En Tunisie, les banques adoptent progressivement les pratiques ESG et RSE, bien que le contexte national présente des défis spécifiques liés à la régulation et aux infrastructures.
En Tunisie, les initiatives pour améliorer l'accès aux services financiers sont au centre des priorités. En 2021, le taux de bancarisation dans le pays a atteint 46%, selon la Banque mondiale, avec des efforts pour intégrer les populations marginalisées, notamment dans les zones rurales.
Les efforts du secteur bancaire sont essentiels pour réduire la fracture financière et promouvoir un développement inclusif.
Efforts des banques tunisiennes
Les banques tunisiennes commencent à intégrer les critères ESG dans leurs processus de décision, mais les progrès sont lents comparés à d'autres régions.
Cependant, il existe un besoin accru de formation et de sensibilisation pour renforcer cette intégration dans tous les aspects de la gouvernance bancaire.
En Tunisie, l'un des principaux défis reste l'accès limité aux financements verts, en raison d'un cadre réglementaire encore insuffisamment développé. Cependant, des opportunités existent avec l'engagement de la Banque Centrale de Tunisie à promouvoir une économie verte et inclusive.
Les tendances RSE et ESG dans le secteur bancaire sont en pleine expansion, tant au niveau international qu'en Tunisie. Alors que les banques du monde entier s'engagent dans la finance durable, la décarbonation et la transparence, la Tunisie s'efforce de suivre ces évolutions malgré les obstacles locaux.
Les banques tunisiennes ont un rôle crucial à jouer dans la promotion d'une croissance inclusive et durable, notamment en améliorant l'inclusion financière et en favorisant des partenariats innovants pour répondre aux défis environnementaux et sociaux.
L'avenir de la finance en Tunisie dépendra de la capacité des institutions à intégrer pleinement les principes ESG et à soutenir des projets qui génèrent des impacts positifs pour l'ensemble de la société.